Dieu ne joue pas à Cache-Cache
Dieu répond toujours
Une des plus lourdes conséquences du rationalisme de la réflexion humaine pendant les siècles lumière a été d’affaiblir la foi divine surtout au sein de la classe éduquée. L'effet n'était pas vraiment voulu et intentionnel, la plupart des philosophes des années lumière ont essayé de prouver l'existence même de Dieu en utilisant la raison et non pas le contraire. A fin de montrer les ampleurs du rationalisme à l’existence de dieu: Dans ce sens, Descart et Leibniz ont essayé de prouver l’existence divine par un sens logique. Leurs preuves ont été ramenées à trois arguments : la preuve de la conception, la preuve ontologique et la preuve cosmologique. Ces arguments restent jusqu’ aujourd’hui des preuves utilisées par les croyants qui préfèrent s’appuyer sur une démonstration disant logique pour défendre l’idée de l’existence divine.
Au long de cet article, j’essayerai de montrer les différentes failles qui se présentent dans ces arguments.
«Preuves» traditionnelle de l'existence de Dieu :
1) L'argument de conception.
a) Enoncé
En examinant le mécanisme intérieur d’une horloge, vous pensez probablement que ce mécanisme complexe n’est pas conçu par un hasard.
Par Analogie, Si on regarde l'univers et la nature, est-il possible qu'un tel mécanisme complexe, des orbites des planètes, les moindres cellules qui sont bien arrangées pour former les angles de tes pieds peuvent être conçues par pur hasard? Certes, ce mécanisme extrêmement complexe a été conçu, et celui qui l'a conçu ne peut être que Dieu.
b) Failles
Ici la faille réside dans l'axiome de départ. Dans l'exemple de l'horloge, on applique un concept de création ou la création humaine obéit à une antériorité humaine. Croyons maintenant en Dieu et passons à l'exemple suivant : L'univers. Dans cet exemple, on applique un concept de création et d'antériorité humain à une création divine. Donc Dieu est tout bêtement soumis à l'arrogance des concepts humains, donc Dieu n'est pas aussi libre qu’on croit ce qui est absurde, donc il n'est pas Dieu.
Argument réfuté.
2) L'argument ontologique
a) Enoncé
Dieu est l'être parfait. Comme il est le plus parfait, il doit avoir toutes les perfections. Si Dieu n'existe pas, il ne serait pas parfait et étant donné qu’il est parfait, il doit alors exister.
b) Failles
C'est un argument qui ne tient pas la route, car on est parti d’un postulat qui suppose l'existence de Dieu comme un fait acquis. Mais, en suivant le raisonnement de cet argument : Si Dieu n'existe pas, alors il n'a aucune caractéristique, donc il n'est pas parfait. On déduit qu’on a supposé que Dieu existe pour prouver qu'il existe. Ce qui est encore une fois absurde.
Argument réfuté.
3) L'argument cosmologique (Dieu comme «cause première»)
a) Enoncé
Avec le principe de causalité, tout ce qui existe a une cause. Mais, à un moment donné il faut fixer la primitive qui engendre toutes les autres causes. Ce "moteur" ou la première cause est nécessaire pour expliquer l'existence. Cette première cause ne peut être qu’un Dieu.
b) Failles
Le principe de création dans ce contexte progresse parallèlement avec le concept d'antériorité, ce qui est jusque là acceptable au niveau de la logique humaine. Mais le problème est que, selon la plupart des croyants, Dieu est libre de tout (Il est Dieu quand même). Or le temps est une création divine. Donc si on suit ce principe d'antériorité de la création, on fait soumettre Dieu au temps. Donc on soumet Dieu à l'une de ses créations. Autrement dit, le temps ici régit les actions de Dieu. Donc le temps est Dieu ce qui est absurde comme résultat.
Argument réfuté.
Conclusion
Même si la philosophie donne parfois certaines clarifications pour les conceptions religieuses, elle est de loin un fondement sûr pour la croyance religieuse.
Au niveau psychologique, et avec un raisonnement anthropocentrique, Dieu n’est qu’une création humaine. Autrement dit, si Dieu créa l'homme, et l'homme créa Dieu, en fin de compte l'homme est son propre Dieu.
Donc ici, Il faut accepter d’éliminer le complexe d’arrogance chez l’être humain et rejeter le fait qu’il se prend pour le centre du monde (comme pour les trois chocs psychologiques avec Copernic (héliocentrisme), Freud (l’être humain n’est pas parfaitement conscient) et Darwin (les origines physiologiques ne sont pas considérées honorables ) et considérer que l’être humain n’est pas le centre d’intérêt de Dieu (s’il existe) autrement dit le centre du monde, ou réfuter tout simplement la conception divine et accepter que l'homme est le seul maître de sa destinée.
Si Einstein a dit un jour « Dieu ne joue pas au dé » juste pour confirmer ses croyances, et effondrer ses propres synthèses purement fondamentales, la raison confirme aussi que Dieu n’est pas un simple petit enfant, « Dieu ne joue pas à Cache-Cache »